La redirection écologique : définition

Depuis quelques mois, le concept de « redirection écologique » a commencé à émerger, d’abord dans les milieux universitaires, puis progressivement dans les milieux engagés sur les thématiques environnementales, et aujourd’hui de plus en plus largement dans le monde de l’entreprise. On parle maintenant de plus en plus de « redirection écologique » pour évoquer les nécessaires transformations de notre système socio-économique dans le but de le rendre compatible avec les limites physiques de notre planète.

Mais on parle déjà de « transition », de « croissance verte », de « développement durable » ou de RSE : pourquoi donc avoir introduit cette nouvelle notion de redirection écologique par-dessus tout ça ?

Tout simplement parce que l’idée même de redirection écologique permet de mettre en avant la nécessité de transformer en profondeur nos sociétés pour les aligner, les rediriger sur des trajectoires compatibles avec un monde bas carbone et en phase avec les autres limites planétaires.

Nous vous proposons donc, dans cet article, d’identifier toutes les thématiques sous-jacentes lorsqu’on parle de redirection écologique. L’objectif est de vous donner une vision élargie de ce qu’est (ou de ce que n’est pas) la redirection écologique, mais aussi des exemples de redirection écologique de certaines activités / de certains secteurs, ainsi que des indications sur comment faire avancer la redirection écologique au sein de votre entreprise / organisation, en faisant notamment appel à un tiers comme vingt-et-un vingt-deux.

N’hésitez pas d’ailleurs à revenir régulièrement sur cet article qui s’enrichira de contenus complémentaires régulièrement (fondés notamment sur les différentes interventions que nous menons en entreprise) ou à nous contacter (contact@21-22.com) si vous souhaitez échanger avec l’un de nos redirectionnistes !

1 – Qu’est-ce que la redirection écologique ?

Nous l’avons évoqué plus haut, la redirection écologique part d’un postulat fondamental : les limites planétaires sont aujourd’hui largement dépassées par notre civilisation thermo-industrielle. Cette atteinte des limites planétaires nécessite une réorientation majeure de nos économies, de nos modes de vie et plus largement, de nos modèles de société. En somme, il est impératif de « rediriger » au plus vite notre système si nous voulons conserver une planète habitable pour les hommes et femmes d’aujourd’hui et de demain.

Redirection écologique et anthropocène

Le dépassement des limites planétaires (nous sommes en déficit écologique depuis les années 70), en forte accélération au fil des décennies, a poussé des scientifiques à qualifier la période que nous vivons d’anthropocène. Très concrètement, à la différence des précédentes ères géologiques qui se sont succédées et dont l’Homme n’était que le « spectateur », nous traversons une période où l’humanité a tellement d’impact sur la planète qu’elle est devenue une « force géologique » influençant fortement les différentes sphères constituant la Terre.

Dans ce contexte, la redirection écologique s’inscrit dans une logique « physique » : ce dépassement des limites planétaires ne peut pas durer dans le temps et imposera une transformation forte de l’organisation socio-économique de l’humanité. Cette transformation sera subie ou choisie. La redirection écologique fait le pari d’une transformation choisie qui permettra à l’Homme de retrouver un niveau d’activité compatible avec la biocapacité terrestre.

La redirection écologique est-elle possible ?

Dans ce contexte, on peut effectivement se poser la question de savoir s’il est réaliste de croire la redirection écologique possible. En effet, nous vivons dans un monde sous perfusion d’énergies fossiles, et dont la consommation croissante depuis la 1ère Révolution Industrielle a permis un essor considérable de l’humanité. Notre système économique ne raisonne qu’en termes de « croissance », cette croissance étant d’ailleurs nécessaire à l’équilibre des comptes sociaux de nos États Providences.

Dans ce contexte, la redirection écologique est souvent assimilée à une politique de décroissance, rétrograde et forcément néfaste pour l’humanité car synonyme d’un retour en arrière inacceptable. Or, présenter la question de la redirection écologique sous cet angle démontre une chose : le problème qui se pose à nous n’est pas, en fait, de savoir si nous pouvons faire cette redirection – nous disposons de tous les savoirs, tous les savoir-faire, toutes les compétences et toutes les ressources pour qu’elle puisse advenir – mais plutôt de savoir si nous voulons qu’elle advienne.

En outre, la théorie montre que la redirection écologique est possible et positive pour de nombreux secteurs de l’économie. De nombreuses entreprises peuvent faire cette redirection, la question est de savoir si elles veulent qu’elle advienne. Certaines entreprises pionnières ont déjà entamé leur redirection écologique et nous donnent des exemples concrets et inspirants

Est-il trop tard pour la redirection écologique ?

De nombreux indicateurs montrent à quel point la pression sur le système Terre s’accroît d’année en année, au point de suivre très souvent une trajectoire exponentielle. Cette « Grande Accélération » suscite donc une vraie interrogation : n’est-il pas trop tard pour que la redirection écologique ait lieu ? N’a-t-on pas franchi trop de seuils irréversibles pour que l’idée même de redirection écologique ait un sens ?

Force est de reconnaître que c’est parfois le pessimisme qui est de mise quand on interroge aussi bien les particuliers que les professionnels de la plupart des secteurs d’activité. Ou, certainement plus souvent, une forme de déni de réalité dans laquelle vit une part encore importante de la population. Néanmoins, cela ne doit pas occulter le fait que des trajectoires – scientifiquement très bien documentées, voir notamment l’initiative SBT – peuvent être suivies dès aujourd’hui par tous les secteurs d’activité et permettre de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C ou 2°C d’ici 2100 : la redirection écologique est donc un chemin certes très exigeant mais encore réaliste, en 2021.

Si la redirection écologique arrive trop tard pour respecter les accords de Paris, il est de toute façon plus souhaitable de suivre une trajectoire de mitigation partielle des émissions conduisant à un réchauffement climatique de +3 ou +4°C d’ici la fin du siècle que les scénarios « Business as usual » qui nous conduisent à des réchauffements entre +5°C et +7°C d’ici la fin du siècle. Pour la redirection écologique comme pour beaucoup d’autres choses finalement : mieux vaut tard que jamais !

A quoi sert la redirection écologique ?

La redirection écologique a donc pour but principal de transformer notre système socio-économique pour le ramener dans le cadre des limites planétaires. Dit autrement, l’objectif de la redirection écologique est de diminuer notre empreinte écologique pour la rendre compatible avec la biocapacité de la planète, c’est-à-dire la capacité de la Terre à absorber durablement les impacts de l’humanité : fournir les ressources que nous utilisons et absorber les déchets que nous rejetons.

Cela passe par différentes étapes « logiques » :

  • comprendre, d’abord à l’échelle globale puis à l’échelle du secteur ou de l’entreprise, les enjeux et les trajectoires de transitions
  • puis identifier le rôle de l’organisation dans les grands chantiers de transition
  • et enfin expérimenter et déployer de nouvelles offres et de nouveaux modèles d’affaires cohérents avec ces trajectoires.

Chaque étape est indispensable et se nourrit des autres.

En tout état de cause, la redirection écologique ne sert ni plus ni moins qu’à permettre à l’humanité de se construire un avenir encore désirable sur une planète finie, durablement vivable pour tous.

Pourquoi se lancer dans un projet de redirection écologique ?

Nous l’avons évoqué : la première raison pour se lancer dans un projet de redirection écologique est d’arrêter la course effrénée au « toujours plus » insoutenable pour pour notre planète aux limites finies, et dont la poursuite conduirait inévitablement à une forme d’effondrement de la normalité à plus ou moins courte échéance.

Mais d’autres raisons justifient aussi d’amorcer un projet de redirection écologique, et ces raisons sont de plusieurs ordres :

  • Raison morale, en lien avec l’idée même de « justice ». En effet, l’idée même de redirection écologique se fonde à la fois sur l’idée d’une justice trans-générationnelle (les générations futures doivent pouvoir bénéficier de ressources suffisantes issues d’une planète vivable) mais aussi trans-frontalière (il est nécessaire de rééquilibrer les impacts de chaque habitant de cette planète dans une logique de convergence vers un objectif commun)
  • Raison philosophique, autour de la question du lien entre l’Homme et la planète sur laquelle il vit : forts de notre capacité d’innovation sans pareil parmi les espèces, nous vivons depuis plus d’un siècle comme si la domination que nous pouvons exercer sur les autres espèces et la Terre en général permettait de nous affranchir de toute limite physique. La redirection écologique nous ramène à l’idée que nous sommes parties-prenantes intégrales d’un écosystème fragile et limité
  • Raison économique, car même les fonds d’investissement les plus agressifs commencent aujourd’hui à réaliser qu’un monde aux ressources naturelles plus difficiles à atteindre et au réchauffement climatique ayant atteint les +5°C serait un monde bien trop incertain pour assurer la pérennité d’un système économique tout simplement rentable
  • Raison éthique, enfin, qui consiste à sortir du déni à partir du moment où nous disposons de toutes les connaissances nous permettant de comprendre que la redirection écologique n’est pas seulement souhaitable, mais absolument nécessaire à la survie de l’humanité telle que nous la connaissons. En ce sens, ne rien faire en sachant cela serait contraire à l’idée même de « bien agir ».

La redirection personnelle et individuelle

La redirection écologique peut (et doit !) se traduire sur différents plans, et se décliner notamment au niveau personnel. En effet, en tant qu’individu, notamment pour les habitants des pays développés, notre mode de vie et nos modes de consommation ont un impact environnemental significatif qui nécessite bien plus que des réajustements à la marge pour être compatibles avec les limites planétaires.

En ce sens, comme pour les organisations, la première étape d’une redirection écologique personnelle passe par la compréhension fine et quantifiée de nos impacts individuels sur la planète (par exemple via un bilan carbone). Une fois le constat posé, il est important de réaliser ensuite l’ampleur de la « descente » imposée par la redirection écologique (de l’ordre, par exemple pour l’impact carbone moyen d’un français, d’une baisse de 5% par an tous les ans pendant 30 ans) et de s’atteler, enfin, à l’action car chaque geste concret pèsera dans la balance, y compris à l’échelle individuelle.

La redirection d’entreprise

Du côté des entreprises (et plus largement, de toutes les organisations collectives), l’enjeu est sensiblement le même… à la différence près que les ordres de grandeur sont bien plus importants.

En d’autres termes, il n’y aura pas de redirection écologique possible sans implication majeure des entreprises, des organisations publiques et des collectivités. Et cette redirection écologique passera nécessairement par une remise en question profonde des modes de fonctionnement actuels. En effet, le triptyque « sobriété » / « efficacité » / « substitution », au cœur de tous les scenarii réalistes de redirection écologique, doivent devenir la norme de fonctionnement de toutes les organisations collectives, et ce à très brève échéance.

2 – Redirection écologique et transition écologique : quelles différences ?

Comme nous l’évoquions en introduction : on parle beaucoup plus aujourd’hui de « transition écologique » que de « redirection écologique ». Pourtant, si ces deux concepts traduisent un désir similaire de réorienter la marche du monde économique vers plus de soutenabilité, ils ne partent pas des mêmes hypothèses initiales ni n’invoquent les mêmes moyens pour parvenir à un nouvel état du monde.

Définitions comparatives de la transition et de la redirection

Redirection écologique et transition écologique partagent donc un même objectif : celui de faire passer notre système socio-économique d’une forme incompatible avec les limites physiques de notre planète à une forme « durable » car alignée avec ces mêmes limites physiques. Néanmoins, les mots caractérisant ces deux concepts traduisent leurs différences fondamentales.

Dans l’esprit de la « transition » par exemple, on comprend l’idée que nous sommes plutôt confrontés à une problématique de moyens, employés de manière inadéquate : l’innovation et la technique permettront de remplacer ces moyens par d’autres, permettant une transition progressive d’un modèle (notamment énergétique) vers un autre, sans forcément changer la direction prise par nos sociétés. Quand on parle de « redirection écologique », on comprend au contraire que ce sont les finalités mêmes du système qui sont questionnés pour être « redirigées » sur des trajectoires compatibles avec la biocapacité planétaire… et que ces trajectoires passent nécessairement par la construction d’un nouveau paradigme fait de renoncements et d’acceptation d’une impossibilité de retour au statu-quo ante.

La redirection écologique signifie-t-elle décroissance et retour en arrière ?

Puisque transition et redirection écologique ne sont pas des concepts similaires, peut-on affirmer alors que la transition est souhaitable car elle permet cette fameuse « croissance verte » tandis que la redirection serait nuisible car fondamentalement décroissante ? A nos yeux, c’est un piège que de s’enfermer dans ce débat autour de la décroissance et de tous les préjugés associés. En effet, la redirection écologique ne cherche pas à faire décroitre les flux physiques pour des raisons idéologiques mais simplement parce que l’idée même de consommation croissante de ressources non renouvelables dans un monde fini n’a – physiquement – aucun sens et finira par imposer une limitation – purement physique – à cette croissance. A la limitation subie (et son cortège de conséquences potentiellement désastreuses), la redirection écologique oppose donc le choix de la limitation choisie qui permet, en outre, de jeter les bases de nouveaux modèles de société certainement plus en phase avec les aspirations nouvelles (et probablement … croissantes !) d’une fraction importante des populations.

3 – Redirection écologique et renoncement

C’est certainement une caractéristique fondamentale de la redirection écologique, notamment par rapport à tous les autres concepts ayant trait aux enjeux « développement durable » de nos sociétés (transition, croissance verte, RSE, etc.) : les trajectoires qu’elle invite tous les acteurs de notre système à prendre supposent nécessairement des renoncements – plus ou moins importants – à des éléments parfois considérés comme acquis depuis des décennies.

Un exemple clé concerne les énergies fossiles : leur découverte – et leur consommation croissante depuis la 1ère Révolution Industrielle a permis l’essor de notre système technique et la prospérité qui en a découlé. La redirection écologique passera nécessairement par le renoncement à ces sources d’énergie non renouvelables – et non substituables « telles quelles » en l’état actuel des connaissances. Or, compte-tenu de notre dépendance totale aux énergies fossiles (dans tous les pans de nos vies, personnelles et professionnelles), cette redirection énergétique sera obligatoirement corrélée à des renoncements forts sur nos modes de vie.

La redirection écologique propose donc de penser ces renoncements, de les réfléchir, les anticiper et les organiser afin que les nouvelles trajectoires suivies – choisies et non subies – soient portées et soutenues dans un esprit volontaire.

Le « business as usual » est-il compatible avec la redirection écologique ?

On appelle « business as usual » les scenarii d’avenir qui tendent à prolonger dans la durée les tendances constatées actuellement. Très concrètement, dans un scenario « business as usual », la croissance de la consommation des ressources – et toutes les externalités associées – poursuit sa course au même rythme qu’aujourd’hui, c’est-à-dire très soutenu.

Dans ce type de scenario, les impacts des activités humaines deviennent tout simplement insoutenables pour le système Terre qui deviendrait un lieu passablement hostile à la vie humaine. Il parait donc évident que le « business as usual » est fondamentalement incompatible avec la redirection écologique, qui vise justement à proposer une trajectoire alternative à cette fameuse trajectoire de « croissance infinie dans un monde fini » qui ne peut aboutir qu’à une impasse.

Mais ce qu’il est important de comprendre, c’est que la poursuite des tendances actuelles sera de toute façon mécaniquement limitée par l’effondrement de tout ou partie du « système Terre » car le déficit écologique croissant qui en découle ne pourra de toute façon pas se prolonger indéfiniment pour des raisons physiques. Dit autrement, la redirection écologique – dans le sens de réorientation des activités humaines dans les limites des capacités terrestres à encaisser l’empreinte écologique associée à ces activités – se réalisera à l’avenir : soit parce que nous l’aurons collectivement choisi – et aurons décidé dès aujourd’hui de poser les fondations d’un système socio-économique qui soutient la vie, soit parce que les dégradations environnementales auront peu à peu tellement mis le système sous pression que nous n’aurons d’autre choix que de revoir dans l’urgence nos modes de vie.

Faire la redirection d’une entreprise, est-ce forcément renoncer à son activité ?

Beaucoup d’entreprises – et au-delà, d’organisations collectives – se posent donc la question de savoir si leur activité actuelle est compatible avec un monde « redirigé ». Et force est de constater qu’il n’y a pas de réponse « simple » à cette question… car tout dépend de ce qu’on entend derrière le terme « compatible ».

Dans un monde bas carbone, ayant réussi sa redirection écologique, y aura-t-il toujours des voyages en avion, de l’élevage de ruminants, des outils numériques et des voitures à essence ? La réponse est oui dans la mesure où une grande partie des activités économiques – et celles évoquées juste avant en particulier – répondent à des besoins fondamentaux difficilement substituables en totalité. Par contre, il est indéniable qu’un monde en redirection écologique va poser la question de la « juste place » de chaque activité. Pour reprendre les exemples ci-dessus : un monde où l’on cherche à minimiser les impacts de l’Homme sur la nature peut-il être un monde de tourisme de masse / où l’on mange de la viande à chaque repas / où Netflix consomme 15% de la bande passante mondiale et où les SUV règnent en maitre dans toutes les grandes villes ? La réponse est inévitablement non.

Dans le cadre de la redirection écologique, les entreprises – et au-delà toutes les organisations collectives, y compris du secteur public, seront donc inévitablement amenées à faire des choix, à arbitrer entre des activités au sein de leur portefeuille. Et ces choix se feront non plus sur des raisons purement économiques et financiers comme aujourd’hui, mais sur des critères de durabilité environnementale comme le souligne justement Diego Landivar.

Quelle est la temporalité des renoncements à mener ?

Si la redirection écologique s’accompagnera inévitablement de renoncements à certaines activités, elle doit aussi s’inscrire dans une certaine temporalité pour pouvoir être « efficace ». En effet, on sait depuis les années 70 et le rapport du Club de Rome (aussi appelé rapport Meadows) que la croissance aura une fin au cours des prochaines décennies. Par ailleurs, les travaux du GIEC alertent également depuis plusieurs décennies sur l’urgence de tout faire pour limiter le réchauffement climatique à 2°C d’ici 2100, ce qui suppose des actions fortes à mettre en œuvre d’ici 2050. Ne rien faire d’ici là risque de placer l’humanité dans une situation extrêmement difficile, où l’addition de risques physiques accrus dans un monde aux ressources moins disponibles rendrait l’adaptation de nos systèmes socio-économiques bien plus difficiles qu’en des temps moins contraints.

Très concrètement, cela signifie donc que la période 2020-2050 est cruciale pour réussir la redirection écologique. C’est sur ces 3 décennies qu’il faut amorcer la redirection, définir une trajectoire et s’y tenir dans la durée. On parle donc à la fois du temps court et du temps long : temps court car l’horizon de décision pour les entreprises est très limité, compte-tenu notamment de l’ampleur des changements systémiques à adopter (ce qui est parfois contraire aux modes de fonctionnement des organisations, notamment des plus grandes) ; et temps long car les entreprises doivent s’inscrire dans des trajectoires de réduction de leurs impacts sur des horizons de temps qui dépassent les horizons habituels de tous les projets.

C’est donc une véritable révolution copernicienne qui attend les entreprises, révolution indispensable et possible qui peut être accompagnée par les « redirectionnistes » de l’agence vingt et un vingt deux.

La redirection écologique est-elle possible ? L’esprit humain est-il capable de renoncer ?

Nous avons vu que rien n’empêchait « techniquement » la redirection écologique. Par contre, cette redirection et son corollaire de renoncement(s) pose immanquablement une question philosophique plus large : l’esprit humain est-il capable d’organiser et de se projeter autour de projets de déconstruction plutôt que de construction ?

Diego Landivar en parle dans cette vidéo qui vient questionner justement la notion même de projet, de projection. Il est important de réaliser que l’idée même de croissance, le concept même du « progrès » de la civilisation humaine grâce à l’innovation technique est, en soi, un mythe collectif. Comme le souligne Harari dans Sapiens, cette capacité de l’Homme à construire des mythes collectifs – et à y faire adhérer un nombre incalculable de ses semblables – est un élément clé qui nous différencie des autres espèces animales et explique notre domination du système Terre. Néanmoins, nous avons perdu de vue, justement, que ces mythes collectifs sont des formes très avancées de « fictions » auxquelles un grand nombre d’individus accorde suffisamment de crédit pour que nous pensions qu’il s’agisse de vérités intangibles. Or, cela reste des fictions ! De nombreux peuples, de nombreuses civilisations ont existé en s’organisant justement collectivement autour de l’idée de sobriété et de juste place dans le monde.

Se lancer dans la redirection écologique est dont techniquement et intellectuellement possible. Cela suppose de comprendre que le dogme de la croissance perpétuelle est un mythe collectif, et que l’un des objectifs de la redirection est justement de substituer à cette fiction collective une autre histoire, de nature à rassembler les énergies autour de ce projet commun qui embarque et concerne l’humanité entière !

La redirection est-elle forcément synonyme de décroissance ?

Nous l’évoquions un peu plus haut : la redirection écologique engendre mécaniquement une décroissance des flux physiques car c’est la croissance des flux physiques depuis des décennies qui a abouti au dépassement des limites planétaires. En ce sens, on peut effectivement dire qu’il y a un lien fort entre redirection écologique et décroissance. Néanmoins il est important de souligner à quel point le débat se cristallise autour, justement, de tous les préjugés autour du concept même de « décroissance », ce qui empêche une analyse plus profonde et moins idéologique.

Tout d’abord, il ne faut pas confondre croissance des flux physiques et croissance du PIB. Certes, si les 2 sont aujourd’hui largement corrélées, compte tenu de la dépendance de notre société thermo-industrielle aux énergies fossiles, cela ne signifie pas que faire décroitre très massivement les flux physiques fera nécessairement retomber le PIB à ses niveaux de l’âge de pierre. Le PIB reste une notion purement comptable qui mesure la richesse selon certaines conventions. Il n’est pas impossible de définir d’autres manières de mesurer la richesse d’une nation au-delà des seuls échanges physiques.

Par ailleurs, l’idée même de croissance infinie dans un monde fini repose sur une « pensée magique » : tôt ou tard, la croissance des flux physiques prendra fin en passant par un pic, que nous le voulions ou non car nous ne pouvons que nous plier aux lois de la physique. La redirection écologique ne fait donc qu’anticiper, préparer et organiser un phénomène qui adviendrait de toute façon mécaniquement par ailleurs.

Enfin, il est important que l’association qui peut être faite entre « redirection écologique » et « décroissance » est une manière, pour ses détracteurs, de tenter de décrédibiliser l’idée même de redirection. En effet, le terme de « décroissance », dans l’esprit collectif, est plutôt connoté négativement, synonyme de « régression », de « retour en arrière » ou de « passéisme ». Or, ces associations d’idées sont des constructions mentales : il n’y a aucune fatalité à ce que la décroissance des flux physiques consécutive à la redirection écologique soit source de malheur et de régression collective. Au contraire : elle peut être porteuse de plus de sens si nous en faisons, collectivement, un projet de société partagé.

Les protocoles de renoncement 

Diego Landivar, Emmanuel Bonnet et Alexandre Monnin (ce dernier étant à la tête du premier master français autour de la redirection écologique) ont créé le concept de « protocole de renoncement ». En effet, si la redirection écologique implique des renoncements, comment une organisation doit procéder pour le faire efficacement ? L’objectif d’un protocole de renoncement est justement d’être « une stratégie conduite par une organisation dans le but d’aligner ses activités sur les limites planétaires et la disponibilité locale et viable de ressources matérielles. Pour ce faire, elle décide de renoncer à certaines activités incompatibles avec la situation climatique et écologique, tout en sécurisant la trajectoire des collectifs dépendant de ces activités. Il n’existe pas un protocole de renoncement déclinable mais chaque situation exige un protocole précis et adapté aux contraintes spécifiques. »

On comprend donc qu’il est impératif de préparer et organiser les renoncements induits par la redirection écologique. Cela passe par une méthodologie, une « ingénierie, un art de la bonne fermeture » comme l’évoque Diego Landivar qui mêle analyses, enquêtes et synthèses pour comprendre finement les enjeux, mais aussi mesures et comptabilisation pour assurer un suivi pertinent et « embarquement » de collectifs au-delà de l’organisation car les impacts de ces renoncements dépassent le seul périmètre d’activité de l’entreprise.

La redirection écologique nécessite donc du temps et des compétences nouvelles qu’il est urgent de voir se développer au sein de toutes les organisations – publiques et privées – si nous voulons réussir ce grand défi dans les temps.

4 – Redirection écologique et développement

Une question majeure se pose pour les entreprises : redirection écologique et développement sont-ils compatibles ? Nous avons vu que la redirection écologique embarquait implicitement l’idée de renoncement de certaines activités. Pourtant, cela ne signifie pas que l’entreprise, l’organisation doit abandonner l’idée de « progrès » ou de « développement ». En effet, il est important d’avoir en tête que si les trajectoires de transition impliquent toutes une forte baisse des émissions de CO2 de tous les secteurs d’activité, cela ne signifie pas qu’il n’y aura que « décroissance » et « réduction » au programme de toutes les organisations.

Au contraire.

Prendre la mesure de la redirection écologique, c’est mettre son organisation sur les rails d’un autre modèle de développement, c’est penser le progrès autrement, en orientant son entreprise sur les enjeux de la sobriété et de l’efficacité. Ces défis ne pourront être relevés qu’avec une grande énergie de toutes les équipes et de la mise en œuvre de nombreuses compétences et intelligences.

Investir ou désinvestir ?

C’est tout le paradoxe de la redirection écologique : elle oblige les entreprises à penser à la fois très différemment… et pourtant de manière très similaire à ce qu’elles font aujourd’hui. C’est ce que met en avant de manière très instructive Diego Landivar dans cette vidéo où il utilise la matrice Mc Kinsey pour penser la redirection écologique. En effet, tous les grands groupes aujourd’hui gèrent leur portefeuille d’activités de manière proactive, selon des logiques de performance économique et financière à court et moyen terme, essentiellement.  Perspective de croissance du marché et position concurrentielle sont les 2 drivers clés des choix d’investissement ou de désinvestissement aujourd’hui.

Avec la redirection écologique, des questions similaires vont se poser pour les organisations : dans quelle activité investir, et quelles activités du portefeuille abandonner ? Mais cette fois, au cœur de la réflexion se trouveront les enjeux « carbone » et la compatibilité des activités avec les trajectoires de transition. Et il est clair que plus les activités concernées auront des projections de croissance fortes dans les prévisions, plus les défis de transition seront difficiles à relever, tant la corrélation entre croissance économique et croissance des émissions de CO2 a toujours été forte. Préparer sa redirection écologique, c’est donc adopter un autre point de vue sur son portefeuille d’activités et le portfolio des nouvelles activités potentiellement intéressantes pour le groupe. C’est se projeter sur des sorties de business non pour des raisons financières mais pour des raisons environnementales fortes qui permettront de maintenir un équilibre viable au système socio-économique global, condition sine-qua-non à la continuité de toutes les activités.

Une entreprise en redirection écologique peut-elle se développer ?

Les arbitrages imposés par la redirection écologique vont donc nécessairement amener les entreprises à devoir faire des choix difficiles, et prendre des décisions parfois radicales, compte tenu des l’exigence des trajectoires de transition. Néanmoins, ces choix n’empêcheront les entreprises de se développer, c’est-à-dire identifier de nouveaux marchés et les pénétrer pour en capter une partie de la valeur.

Il faut avoir en tête l’objectif de la redirection écologique : remettre le monde économique dans le cadre des limites planétaires, ces limites physiques qui de toute façon s’imposeront à nous dans la durée. Néanmoins, à partir du moment où l’entreprise est capable de mesurer son empreinte, de calculer les trajectoires de « soutenabilité » à suivre, et de se mettre en marche rapidement pour respecter ces trajectoires, rien n’interdit à l’entreprise de se développer.

Cela signifie-t-il qu’il faudra remettre en question le dogme du ROI court-termiste ? Certainement.

Cela signifie-t-il une modification profonde de la hiérarchie des valeurs et des éléments pris en compte dans les décisions stratégiques d’investissement ? Probablement.

La redirection écologique s’accompagnera inévitablement d’une prise en compte largement accrue (et bien plus précise) de tous les enjeux environnementaux dans les projets, tout en obligeant les organisations à raisonner en temps plus longs.

Cela peut paraitre difficile, voire impossible aujourd’hui. Mais, que ce soit via la contrainte réglementaire ou la pression financière, les acteurs du monde économique viendront peu à peu à cette logique : autant faire partie des premiers à la comprendre et la mettre en œuvre pour en tirer un avantage compétitif certain.

Peut-on éviter la redirection écologique des activités de son entreprise ?

Nous l’avons évoqué, nos modes de production et de vie dépassent les capacités physiques et biologiques de la Terre depuis les années 70. Ce n’est pas tenable dans la durée : cette « dette écologique » qui ne fait que s’accroitre n’est pas comme une dette financière qui peut prendre des proportions colossales tout en se prêtant à divers aménagements entre ses parties-prenantes.  Notre dette écologique dégrade les systèmes naturels et rend plus difficile l’accès aux ressources dont nous dépendons. Le dérèglement climatique accentue les phénomènes extrêmes, à tel point que le PDG d’AXA a déclaré qu’un monde à +4°C serait un monde impossible à assurer !

Il est donc important de comprendre que les dégradations physiques du monde, du fait de notre système économique, finiront immanquablement par provoquer un effondrement grave et profond de ce même système économique. La question à se poser n’est donc pas « si » ça finirait par arriver mais « quand ». Le changement climatique, par exemple, nécessitera, même si nous le tenons à moins de 2°C en 2100, des adaptations majeures aux bouleversements que cette hausse engendrera.

Nous sommes donc prisonniers d’un dilemme : se lancer dans la redirection écologique va imposer des transformations profondes et donc pas toujours faciles à mettre en place volontairement… Mais ne pas se lancer dans cette même redirection écologique engendrera une dégradation telle de nos milieux, de notre environnement que tôt ou tard, la redirection se réalisera, mais de manière contrainte et non coordonnée cette fois-ci.

La redirection écologique des entreprises est donc inévitable. Elle est même largement souhaitable, le plus rapidement possible, si nous souhaitons conserver des marges de manœuvre dans un système socio-économique viable dans les décennies à venir.

A nous de choisir …

5 – Concrètement, comment faire la redirection écologique ?

Si la redirection écologique est une nécessité, et qu’il faut la mettre en place rapidement dans toutes les organisations – publiques et entreprises privées – la question clé est liée aux modalités de déploiement de cette redirection. Très concrètement, de nombreux dirigeants nous demandent comment faire pour initier, préparer, déployer et faire tenir dans la durée des projets de redirection écologique de leur activité. En effet, cet enjeu du « comment » est fondamental car bien préparer la redirection dans son entreprise, c’est se donner les moyens de faire des collaborateurs des alliés de cette transformation, et donc réussir à aller plus loin et plus rapidement.

Les grandes étapes

Au sein de vingt et un vingt deux, nous aimons nous présenter comme des « redirectionnistes ». Notre mission : aider votre organisation à opérer sa redirection écologique. Pour nous, cela passe par 3 étapes essentielles :

  • Une phase de sensibilisation – que nous appelons phase d’éveil : la profusion d’informations sur les déséquilibres écologiques rend difficile la prise de recul nécessaire à sa compréhension globale. C’est pourquoi cette phase d’éveil est fondamentale pour comprendre tous les enjeux de l’anthropocène et aligner tout le monde dans la même direction.
  • Une phase de lancement de la redirection écologique – que nous appelons phase d’impulsion : l’idée est fondamentalement de travailler en collaboration avec un premier cercle de vos équipes pour à la fois leur transférer nos expertises, leur permettre d’amorcer les projets de redirection et les accompagner dans la conception de nouveau modèles d’affaires.
  • Une phase de mise en œuvre opérationnelle, enfin – que nous appelons phase de déploiement : l’idée est cette fois d’embarquer tous les collaborateurs de l’organisation, en travaillant notamment sur les nouveaux récits associés à la redirection écologique tout en assurant un support technique permanent pour lever les obstacles que vos équipes pourraient rencontrer.

Notre conviction est fondamentalement que le changement viendra de l’intérieur : l’étape de sensibilisation et d’acculturation de vos équipes est fondamentale, car ce sont vos collaborateurs qui seront les plus efficaces et pertinents pour faire avancer la redirection écologique au sein de votre organisation.

Combien coûte la redirection écologique

Il est difficile de donner un coût « générique » d’un projet de redirection écologique.

Tout d’abord parce qu’il n’y a pas deux projets de redirection écologique similaires : certaines organisations vont partir avec un bagage très avancé sur le sujet, ou des données très consolidées, ce qui va permettre d’amorcer la redirection rapidement, contrairement à d’autres entreprises qui vont avoir besoin d’une longue étape de sensibilisation et d’acculturation pour amorcer le changement.

Ensuite parce que le temps à passer et les expertises à apporter à votre projet vont dépendre de nombreux paramètres, notamment de la capacité de votre organisation à disposer de ressources humaines internes prêtes à prendre une part importante au projet de redirection écologique. Enfin parce que tout dépend de la manière de considérer le coût du projet de redirection écologique : celle-ci s’inscrit dans le temps long et a vocation – potentiellement – à transformer le business model de votre organisation pour le rendre compatible avec les limites planétaires. A terme, donc, la redirection écologique vise à vous permettre de continuer à créer de la valeur grâce à un modèle économique résilient. En ce sens, la question du coût lié à l’accompagnement par une agence comme la nôtre dans le lancement de votre redirection écologique doit aussi être remis en perspective des coûts très importants qu’il y aurait à ne pas agir – ou à agir trop tard.

Pourquoi faire appel à un cabinet de conseil en redirection écologique

21-22 se présente comme une « agence de redirection écologique ». Nous pouvons effectivement être assimilés à un cabinet de conseil en redirection écologique. Notre mission : aider les organisations publiques et privées à comprendre, amorcer et déployer la redirection écologique de leur activité, c’est-à-dire à rendre compatible leur activité avec les limites physiques de notre planète. Pour y arriver, notre démarche de conseil passe par 3 postures.

La première est celle de « souffleurs » : nous chuchotons aux collaborateurs de votre organisation quelques vérités scientifiques sur l’état écologique de notre monde. L’objectif est fondamentalement de faire en sorte que la compréhension de la science crée, au sein de votre organisation, une nouvelle conscience du monde et une énergie propice au changement de modèle.

La seconde est celle de « semeurs » : dans ce nouveau paradigme qui a pu émerger, notre rôle est de semer dans les esprits des graines d’idées pour permettre à chacun de se réinventer, et de penser la réinvention de l’organisation.

Enfin, la troisième posture est celle d’ « arroseur » :  nous avons pour vocation d’arroser les graines semées pour les faire germer, c’est-à-dire pour faire grandir les projets de transformation et aider à les rendre concrets dans votre organisation.

Chaque étape peut être menée de manière indépendante, mais notre conviction est que ces 3 postures sont indispensables pour mener à bien la redirection écologique de l’activité de votre organisation. 

Qu’est-ce qu’un consultant en redirection écologique ?

En tant que consultants en redirection écologique au sein de vingt-et-un vingt-deux, nous aimons nous présenter comme « redirectionnistes ».  Nous sommes dix membres – et un réseau d’une quarantaine de partenaires – et fonctionnons en mode « as a service » : nous traitons chaque projet de manière unique, et nous constituons l’équipe la plus compétente pour travailler sur la mission, compte-tenu des enjeux du projet de redirection.

Les consultants en redirection écologique au sein de vingt et un vingt deux ont tous 3 compétences fortes en commun :

  • Une culture scientifique forte, et une expérience opérationnelle en entreprise réelle, permettant de faire le lien entre les enjeux physiques de la redirection écologique et les enjeux économiques de votre organisation
  • Une expertise réelle en formation et en accompagnement au changement, afin de vous aider dans la transformation concrète de votre organisation (et pas simplement vous laisser une feuille de route papier uniquement conceptuelle)
  • Une cohérence forte entre vie professionnelle et vie personnelle : l’alignement est réel entre les actions prônées dans le cadre de leur mission et dans le cadre de leur vie au quotidien, afin d’être de réels ambassadeurs de la redirection écologique totale.

Quelle différence avec la RSE ?

On parle beaucoup de RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) depuis quelques décennies, et un nombre croissant d’entreprises s’engagent dans des démarches RSE. C’est un point positif qu’il faut souligner… mais il est important de clarifier un point : la redirection écologique se distingue assez fortement de la RSE, et les 2 concepts ne doivent pas être confondus.

Premier point important : la redirection écologique a un périmètre moins large que la RSE… mais plus exigeant ! En effet, là où la RSE, comme son nom l’indique, va questionner un large périmètre sociétal, la redirection écologique va se concentrer sur l’impact environnemental concret de l’organisation, notamment son impact carbone. Cet impact peut être mesuré et aligné avec des trajectoires de réduction d’émissions scientifiquement calculées et validées.

Second point important : le développement « exponentiel » ces dernières années de la RSE s’est accompagné d’un certain nombre de critiques sur le décalage parfois réel entre l’affichage des organisations dans leurs communications RSE et la réalité de leurs pratiques. La redirection écologique, elle, étant par essence liée à des constats scientifiques, prête moins le flanc à ce type de critiques, à partir du moment où elle est réellement mise en œuvre dans l’organisation. Enfin, dernier point, plus large : la RSE fait plutôt écho à la définition de « durabilité faible » alors que la redirection écologique s’inscrit dans une logique de « durabilité forte ». Ces concepts de durabilité faible et forte se distinguent notamment par la relation qu’ils font au « capital naturel », c’est-à-dire aux ressources naturelles disponibles sur notre planète. La durabilité forte postule que le stock de capital naturel ne doit jamais baisser, alors que la durabilité faible le considère comme substituable avec le capital artificiel. En d’autres termes, la RSE s’inscrit bien plus dans un mouvement compatible avec la « croissance verte » là où la redirection écologique considère que les limites planétaires ne sont ni extensibles ni substituables et doivent donc être prises en compte de manière absolue.

1 réflexion au sujet de « La redirection écologique : définition »

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